Zones frontières : drame de Melilla

des voix s'élèvent pour que lumière soit faite

Article publié par le CCFD terre solidaire 

 

DRAME DE MELILLA : POUR QUE LUMIÈRE SOIT FAITE #JEUDIPHOTO (photo de Roberta Valerio) 

PUBLIÉ LE 30.06.2022|MIS À JOUR LE 01.07.2022

Vendredi 24 juin, plus de 30 personnes migrantes sont mortes alors qu’elles tentaient de franchir l’enclave espagnole de Melilla. Ce nouveau drame aux portes de l’Europe est le symbole de la violence et de l’impasse de politiques migratoires toujours plus sécuritaires. Arrêt sur image.

Nous sommes sur la côte au nord du Maroc, à proximité des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla —les seules frontières terrestres entre l’Afrique et l’Europe. Dans leur abri de fortune improvisé au milieu de dalles de béton, Samir et ses deux amis observent le vieux continent de l’autre côté de la Méditerranée. Comme eux, des milliers de personnes migrantes, majoritairement originaires d’Afrique Subsaharienne, se retrouvent ici, dans l’espoir de pouvoir gagner l’Espagne malgré les nombreux risques.

MORTS A MELILLA : QUE S’EST-IL PASSÉ ?

Dans la matinée du vendredi 24 juin, plusieurs centaines de personnes migrantes tentent de franchir la frontière qui sépare Nador et Melilla. Les autorités locales répriment violemment l’assaut. Près d’une trentaine de personnes migrantes périssent dans les bousculades et en chutant de la clôture haute de 5 mètres1. Plus d’une centaine de personnes —exilées comme forces de l’ordre—, sont grièvement blessées. Les témoignages dressent le récit d’une escalade de violence inédite et déplorent l’absence de secours. 

Cette tragédie intervient une semaine après une réconciliation entre Rabat et Madrid. Celle-ci vise à assurer la coopération du Maroc pour endiguer les flux migratoires vers l’Europe. Depuis la fin de leur brouille diplomatique, de nombreuses personnes migrantes témoignent d’un regain de violence à leur encontre par les autorités locales qui les traquent où qu’elles soient.

DES VOIX S’ÉLÈVENT POUR QUE LUMIÈRE SOIT FAITE

De nombreuses ONG espagnoles et marocaines, ainsi que l’ONU et l’Union Africaine réclament une enquête approfondie et indépendante. Ces voix s’élèvent pour que la lumière soit faite alors que les autorités marocaines auraient déjà commencé à creuser des tombes dans la forêt de Nador. Et cela avant même que les autopsies et l’identification des corps n’aient été effectuées.

Après le récent naufrage à Calais, cette nouvelle tragédie aux portes d’une Europe forteresse alerteune fois de plussur les conséquences dramatiques de l’externalisation des politiques migratoires européennes. 

1 Le décompte est de 23 personnes selon les autorités marocaines, 27 selon l’ADMDH et 37 selon certaines associations.

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Article publié par Pastorale des migrants • Publié le Dimanche 17 juillet 2022 - 15h03 • 95 visites

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